Nos blessures émotionnelles : nous en occuper, pour aller mieux

Nos blessures émotionnelles (nous en avons toutes et tous !) nous font mal lorsque quelqu’un les titille ; la souffrance nous pousse alors à porter un « masque », et à réagir de façon automatique en nous protégeant. Ces blessures, les réactions qu’elles induisent, nous en sommes responsables : en les soignant, nous pourrons laisser tomber notre masque et réagir avec plus d’authenticité. Avant cela, nous avons à nous entraîner, en analysant les situations que nous vivons et qui nous conduisent à mettre ce fameux masque, pour apprendre, petit à petit, à réagir différemment. Un programme ambitieux qui vraiment, vraiment, vaut la peine !

Les blessures émotionnelles, qu'entend-on par là ?

[Les blessures émotionnelles, vous connaissez ?]

Une vision de nos maux et nos souffrances

Dans le milieu du développement personnel, les livres de Lise Bourbeau sur les blessures émotionnelles ne sont plus à présenter. Ses travaux sont hérités du psychiatre américain John Pierrakos, Lise les a vulgarisés ; son approche – spirituelle et parfois perchée à mon goût (pardon Lise !), permet néanmoins de bien appréhender le principe de ces blessures, et de voir notamment laquelle ou lesquelles nous font souffrir.

Ces blessures, s’il faut le rappeler, sont au nombre de 5 ; nous pouvons les avoir toutes, mais une, ou deux, sont prédominantes. D’après Lise Bourbeau, c’est notre âme qui porterait cette blessure ; cette âme n’aurait de cesse de chercher à guérir sa blessure, revenant sur terre après notre mort habiter un autre corps, toujours dans le but de guérir – ça c’est le côté perché à mon goût. Mais peu importe : que nous croyions ou non à cette âme qui se réincarne, les blessures, elles, sont bien là – portées par notre âme ou créées dans notre enfance en fonction de ce que nous avons vécu – ou interprété.

[Chacun de nos maux est relié à une blessure émotionnelle]

Chaque fois qu’elle est activée, la blessure nous fait réagir en portant un masque - qui n’est pas notre vraie personnalité…

Voici un point très intéressant, le plus peut-être : la plupart de nos maux, de nos douleurs, correspondent à l’une des blessures ; en les connaissant, nous pouvons identifier celles qui nous font souffrir, ainsi que ce que nous avons à travailler pour panser nos plaies du mieux possible et faire en sorte qu’elles nous laissent tranquilles le plus possible. D’après la théorie de Lise Bourbeau, chaque blessure nous fait réagir suivant un comportement automatique, qu’elle appelle Masque. Nous avons adopté ce masque au fur et à mesure que nous grandissions, mais cache notre vrai visage – notre vraie personnalité.

Nous en portons l’entière responsabilité

Nous touchons, là, un autre point extrêmement important (c’est même l’un de mes préférés sur le thème du développement personnel) : la façon dont nous réagissons dépend uniquement et entièrement de nous (et de la blessure que nous portons), mais en aucune façon, de celui qui la titille. Autrement dit, si l’on me dit une méchanceté et que je pleure, je suis entièrement responsable du fait de pleurer (et donc, l’autre « ne m’a pas fait pleurer », c’est bien moi -et ma blessure- qui ai réagi ainsi). 

Trouvez-vous cela désagréable à entendre ? Je vous comprends, porter l’entière responsabilité de notre souffrance, c’est un sacré poids ! Mais tout de même, cela veut dire aussi que nous avons le pouvoir de changer les choses, d’agir sur notre blessure, de la soigner pour en amoindrir les effets… C’est un beau programme, non ?

[Les 5 blessures]

Mon propos n’est pas de retranscrire entièrement le livre de Lise Bourbeau ici (que je vous invite à lire !), mais en voici un résumé qui a la prétention de vous montrer la puissance de cette théorie. Voici les 5 blessures en question :

  • la blessure de rejet,
  • la blessure d’abandon,
  • la blessure d’injustice,
  • la blessure de trahison,
  • la blessure d’humiliation.

La blessure de rejet

La blessure de rejet se caractérise par une impression d’être nul/nulle, sans valeur ; celui/celle qui en souffre se réfugie dans son monde (et sa tête) – il/elle préfère cela à être en compagnie d’autres personnes dont il/elle a l’impression qu’elles le rejettent. Il/elle s’isole donc et se sent seul/seule, même quand il/elle ne l’est pas. Il/elle est souvent perfectionniste. Il/elle ressent souvent de la colère, sa peur principale est de ne pas être accepté/acceptée, et/ou de paniquer.

 

La blessure d’abandon

La blessure d’abandon provoque la peur de la solitude ; celui/celle qui en souffre cherche l’attention des autres, leur soutien, et il/elle peut user (inconsciemment bien sûr) de différents stratagèmes pour y parvenir. Il/elle ressent souvent de la tristesse, sa peur principale est la solitude.

La blessure d’humiliation

La blessure d’humiliation est moins répandue ; les personnes qui en souffrent sont sensuelles mais elles refoulent leurs plaisirs de peur d’en avoir honte ; elles sont souvent dégoûtées d’elles-mêmes et font tout pour ne pas se sentir libres. Elles ressentent souvent de la honte, leur peur principale est d’être libre.

La blessure de trahison

La blessure de trahison provoque l’envie de contrôler les autres, avec intolérance et impatience. Celui/celle qui en souffre prend de la place, est séducteur/séductrice, ne fait pas confiance facilement.  Il/elle ressent souvent de la colère, sa peur principale est d’être désavoué/désavouée, ou encore contrôlé/contrôlée.

La blessure d’injustice

Enfin, la blessure d’injustice provoque rigidité et perfectionnisme ; celui/celle qui en souffre s’est coupé/coupée de ses émotions, se contrôle beaucoup, est très exigeant/exigeante, et ne sent pas ses limites. Il/elle ressent souvent de la colère, sa peur principale est de perdre le contrôle et/ou de paraître froid/froide.

Il n’est pas toujours facile de les identifier ; mais en vous observant réagir, dans la journée, dans les jours qui viennent, sans doute allez-vous mettre des mots sur vos maux, et pouvoir ainsi les nommer.

Les blessures et leur fonctionnement

[Comment soigner nos blessures ?]

Le processus de guérison est, d’après Lise Bourbeau, le suivant : accepter que nous sommes blessés, et en observant la réponse que nous faisons, qui est souvent une sur-réaction, identifier la blessure ; puis imaginer une autre réponse que celle que nous avons faite, qui correspondrait mieux à notre besoin réel.

Cette analyse peut se faire, surtout lorsque nous venons de découvrir la méthode, après que les choses se sont produites – particulièrement au début, il est difficile de changer sa réaction automatique ! Mais se repasser le film de ce qui s’est passé, analyser, puis envisager une autre réaction, peut être très utile.

Parfois aussi, nous ruminons, et notre cerveau tourne en boucle sur les pensées que nous entretenons ; ces pensée nous font porter la responsabilité sur l’autre, et nourrissent ressentiment et colère. Dans ce cas, nous pouvons nous adresser à notre ego : notre ego, c’est ce petit bout de nous qui est là pour nous protéger ; il ne s’occupe pas de soigner notre blessure, mais il veut nous protéger ; mais en nous protégeant, il nous empêche d’évoluer ; le meilleur moyen de le calmer est de le remercier (mais oui ! ce qu’il veut, c’est nous protéger), puis de lui dire que désormais, nous avons envie de tester d’autres réactions et que nous avons les capacités pour le faire – un peu bizarre la première fois, mais si vous vous autorisez à essayer (car il ne s’agit que de cela, êtes-vous d’accord ?), vous aurez sans doute la chance d’être surpris/surprise du résultat.

[Le processus étape par étape]

  1. activation de la blessure,
  2. prise de conscience du fait que notre blessure est activée,
  3. si besoin, réponse à l’ego qui nous maintient dans nos réactions automatiques,
  4. écoute de mes besoins,
  5. construction d’une autre réponse.

[Les besoins selon chaque blessure : des pistes de réflexion]

Selon la blessure que l’on a, nos besoins sont différents :

  • celui/celle qui souffre de la blessure de rejet aura besoin de s’autoriser à être qui il/elle, à s’affirmer,
  • celui/celle qui souffre de la blessure d’abandon aura besoin se sentir en sécurité avec lui-même/elle-même,
  • celui/celle qui souffre de la blessure d’humiliation aura besoin d’écouter ses besoins,
  • celui/celle qui souffre de la blessure de trahison aura besoin d’apprendre à accepter les imprévus,
  • celui/celle qui souffre de la blessure d’injustice aura besoin d’apprendre à montrer sa sensibilité.

Mais le plus important est d’écouter ses propres besoins

La liste ci-dessus vous donne des pistes de réflexion – car identifier ses besoins est pour certains/certaines une vraie nouveauté, et donc difficile.

Dans un premier temps le plus important est de voir, ce dont vous, vous avez besoin à ce moment, avec vos propres mots – comme dans l’exemple ci-dessous.

Ensuite, la liste ci-dessus peut vous ouvrir d’autres portes, auxquelles vous n’auriez pas pensé : si vous souffrez de la blessure d’injustice, vous pouvez donc vous demander : « est-ce que montrer votre sensibilité (votre peur, par exemple), pourrait vous aider ? »

[Le processus de guérison : blessure, prise de conscience, réponse à l’ego, écoute de ce que je veux]

Reprenons le processus de guérison, ainsi qu’un exemple : une de mes amies me fait remarquer que ma robe ne me va pas. A l’entendre, je ressens de la colère (comment ose-t-elle me dire ça ! je ne lui ai rien demandé en plus !), ainsi que de la panique (est-ce vrai qu’elle ne me va pas alors que je l’ai portée toute la journée, mais alors, qu’en ont pensé ceux qui m’ont vue ?). Ma réaction est de ne rien lui dire, rien lui exprimer, rester froide et insensible. Nous nous quittons, mais je reste sur ma colère contre elle et ma peur d’être rejetée par les autres. En voyant que je ressens de la colère, et que j’aurais aimé que mon amie se comporte autrement, je me rends compte que je souhaite en fait la contrôler, et je comprends que c’est ma blessure d’injustice qui est activée ; en voyant ma peur de ne pas être acceptée, donc d’être rejetée, je comprends que c’est aussi ma blessure de rejet qui est activée. Ce sont donc les blessures de rejet de d’injustice qui me font réagir. Malgré tout, je suis encore en colère contre elle, et je reste sur l’idée qu’elle aurait dû me dire autre chose, ou plus gentiment, ou encore ne rien me dire. A ce moment, c’est mon ego qui s’agite, et qui veut me protéger ; je lui dis donc ces mots-là : « merci de chercher à me protéger ; mais désormais, je veux réagir autrement, et je sais que je suis en capable ». Je commence alors à ressentir un peu plus de calme.

Je me repasse le film : quand elle m’a dit cela, je me suis fâchée, mais ne lui ai rien dit ; je ne peux contrôler ce qu’elle dit, ni la manière qu’elle a de le dire, je peux en revanche contrôler ma réaction. Quel était mon besoin alors, et qu’est-ce qui était important ? Peut-être qu’une relation sincère avec cette amie est vraiment ce que je souhaite, il est donc important qu’elle puisse me dire quand elle trouve que quelque chose ne me va pas. Ceci dit, je trouve que cette robe me va bien, je peux peut-être lui demander des détails ? Ou encore, je peux lui signifier ce qu’elle me dit me peine, me choque, etc… Ou encore la remercier de me le dire, puisque son avis compte pour moi. Ou la remercier, mais en lui disant que moi je me sens extrêmement bien dedans. Je peux donc choisir la réaction qui me convient et correspond à mon besoin.

Le processus est long mais en vaut la peine !

[Petit à petit, vers plus de liberté]

Guérir nos blessures est un processus long, car nous devons changer nos automatismes ; mais au fur et à mesure que nous progressons, les choses s’éclaircissent ; petit à petit, nos blessures s’activent de moins en moins souvent, de moins en moins fortement, et nous sommes de mieux en mieux outillés pour réagir lorsqu’elles se manifestent.

[Tout démarre par la prise de conscience]

 

Au départ est la prise de conscience de la présence de ces blessures, puis la compréhension de notre responsabilité dans ce que nous vivons et ressentons, et la décision de changer les choses.

Puis vient l’identification de nos blessures, dont nous savons qu’elles sont activées parce que notre réaction est quelque peu excessive ; éventuellement, réponse à notre ego qui se manifeste et nous empêche de nous calmer ; puis enfin, écoute de nos besoins, et réponse adaptée. Au départ en se repassant la scène, puis, au fur et à mesure, en changeant nos réactions.

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